Pour une société de l’engagement

En vue des élections municipales de 2020, Démocratie Ouverte propose chaque semaine à un partenaire de prendre de la hauteur sur un sujet de démocratie locale. Cette semaine : Claudy Lebreton, ancien président du Conseil Régional des Côtes d’Armor (1997 – 2005)

 Pendant la campagne des municipales 2020, trois thèmes ont retenu l’attention de nos concitoyens : l’écologie, les solidarités, la démocratie. Sur ce dernier sujet, ô combien primordial, les élus locaux peuvent agir afin qu’elle prospère et progresse. Construire « une société de l’engagement » au sein de nos villes et de nos villages, voilà un formidable défi pour les futures assemblées et l’ensemble des habitants.

Agir d’emblée, avec par exemple la création dans toutes les communes d’un Conseil municipal des générations futures, c’est déjà bien engagé mais pas suffisant. Si nous voulons que nos concitoyens s’engagent au sein de nos collectivités, associations, syndicats, coopératives, entreprises… il nous faut impérativement développer cette « culture de l’engagement ».

Cette société de l’engagement, c’est une communauté humaine qui se préoccupe de former des êtres humains pour assumer des fonctions démocratiques au sein des associations, des collectivités, des syndicats, des entreprises… avec des principes, des droits, des financements. Ainsi, un vrai statut de l’élu associatif devrait être voté au parlement, édictant des principes, des droits, des moyens, des congés pour l’exercice de leurs mandats. Nous avons réussi à le faire pour les syndicalistes et les politiques. Ce serait un formidable progrès que de le faire pour la démocratie sociale, celle qui mobilise des millions de bénévoles des associations qui oeuvrent dans nos communes, nos quartiers et nos territoires.

Soyons attentifs aux besoins humains et financiers que les collectivités et l’etat doivent assumer pour la démocratie sociale. Des millions d’emplois sont en jeu ! En Côtes d’Armor, nous avions financé l’emploi associatif à hauteur de 33 à 50% pour des contrats en CDI : 320 furent créés pour 230 associations locales et départementales. Aujourd’hui, ils existent toujours car les associations concourent au service du public dans tous les domaines de la vie de nos concitoyens dans nos territoires. Si la dimension sociale de la démocratie est affaiblie, toutes les autres seront aussi touchées très vite. Des risques existent. Des actes malencontreux sont déjà commis. Alors, que faire ?

 Sortir de notre attitude de consommateur, de notre zone de confort et aller résolument vers les autres. L’imagination, l’innovation démocratique, la solidarité active sont autant de moyens qui pourront être mobilisées dans des lieux de formation et d’expérimentation, en s’appuyant par exemple sur le réseau Démocratie Ouverte. 

 S’inspirer de la réflexion de nos chercheurs qui proposent des solutions telles que la création d’assemblées de citoyens tirées au sort, qui auraient la charge d’élaborer des « chartes de la démocratie » et de veiller à son application par les Conseils municipaux, ou bien, pour d’autres assemblées citoyennes, de co-construire un projet structurant pour nos territoires. 

 Enfin, aller observer et analyser ce qui se fait de mieux dans nos communes de France, telles que Saillans, Kingersheim, Loos-en-Gohelle… Après ce printemps, viendra le temps des moissons ! N’ayons pas peur et soyons audacieux pour que notre démocratie ouverte fleurisse dans tous les territoires de France. 

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